Amour, boxe et Courteline... en 3 rounds ! Courteline sur les planches

, par Véro

En novembre dernier, nous avons découvert que Courteline était joué à Paris, par le Théâtre des Deux Lions.

Or, cela fait quelque temps maintenant que nous nous penchons sur ce dramaturge du domaine public. C’est Jean-Luc Ancey, avec son projet de mise en ligne des textes de Courteline, qui a d’abord attiré notre attention. S’en sont suivis des enregistrements de certains de ses textes et une interview d’une spécialiste universitaire, Céline Candiard, afin de remettre en lumière cet auteur considéré à tort comme un peu dépassé.

Nous avons donc eu très envie de voir ce spectacle ; Jean-Luc Ancey était d’ailleurs aussi de la partie. Nous voici donc un vendredi après-midi, au Théâtre de Ménilmontant, où l’abondance impressionnante des affiches des spectacles présentés dans le foyer traduisent assez la vivacité de ce lieu, non sans rappeler les théâtres d’Avignon au plus fort du festival.

Le Théâtre des Deux Lions est une association créée en 1985 avec un spectacle de marionnettes jeune public, pour enfants de 3 à 10 ans, intitulé À la recherche de la lumière perdue. Il est encore joué aujourd’hui et a remporté un très vif succès.
Quant au spectacle Amour, boxe et Courteline, il est joué depuis l’année dernière, et notamment auprès de groupes scolaires.

Le spectacle s’est déroulé dans une vaste salle de théâtre comme on les aime, avec ce petit inconvénient d’une petite panne de chauffage vite oubliée grâce à l’énergie de ce spectacle servi par les deux comédiens : Serge Gelly et Josée Laprun.

Il s’agit de trois saynètes de Courteline :

La Paix chez soi d’abord, où un écrivain médiocre est interrompu par sa femme qui lui demande son argent du mois ; elle découvre alors que son mari a décidé de taxer d’amendes son « salaire » pour tout acte de sa femme qu’il n’approuve pas.

La Peur des coups ensuite, où un homme fait une crise de jalousie épique à sa femme au retour d’un bal, mais il se défile quand il s’agit de régler ses comptes avec celui qui a courtisé sa femme.

L’Honneur des Brossabourg enfin, où une femme avoue avec malice ses infidélités en prétendant avoir par là respecté l’honneur de leur nom, obsession de son niais de mari.

Une forte unité thématique donc, car il est ici question de couple, et précisément de rapports de force dans le couple, à une époque où la femme n’avait pas de droits, pas d’indépendance financière, et devait trouver des voies détournées pour s’imposer.

D’où le choix du metteur en scène Frédéric Cerdal d’utiliser un ring de boxe comme décor. Il l’explique ainsi dans ses intentions de mise en scène : « Sans vouloir artificiellement calquer ces trois scènes de ménage sur les différentes stratégies de deux boxeurs face à face, on ne peut s’empêcher de retrouver des séquences très similaires dans les approches, les feintes, les reculs, les attaques etc… »

Pour le reste, peu d’accessoires, une mise en scène assez épurée (les portes et les chutes d’objet étant représentés par des bruits) car c’est bien le texte qui a la part belle de ce spectacle. Le texte minutieusement respecté, joué avec justesse dans son rythme comique, et que l’on entend dans toute sa richesse et sa construction. Et c’est à n’en pas douter : son efficacité comique est intacte !

Nous avons interviewé les comédiens, le sémillant Serge Gelly et la douce Josée Laprun, qui nous ont chaleureusement reçus après le spectacle. L’interview s’est vite changée en une conversation bon enfant, en voici quelques extraits choisis :


Le Théâtre des Deux Lions continue à proposer ce spectacle à tout groupe, scolaire notamment : avis aux intéressés !

Nous les remercions pour leur accueil et leur souhaitons bonne chance pour leur création La Part du Gâteau, qui se jouera au printemps 2014 au Théâtre de Ménilmontant.

Voir en ligne : Le Théâtre des Deux Lions

@RomaineLubrique

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