Les Causeuses et L’Âge Mûr, deux œuvres de Camille Claudel Présentées par une spécialiste

, par Véro

Camille Claudel est, depuis le 1er janvier, entrée dans le domaine public. Pour célébrer cet événement, nous avons choisi de lui consacrer notre chronique mensuelle sur le site de Libération, pour y poser la question de la sculpture à l’ère du partage sur Internet.

À cette occasion, nous avons été reçus par Aline Magnien, chef du service de la conservation du musée Rodin, pour parler du domaine public et des musées. Mais en fin d’entretien, nous avons voulu nous pencher plus spécifiquement sur l’œuvre de Camille Claudel afin de bénéficier de son œil de spécialiste.

Car si sa vie si romanesque est bien connue, ses œuvres, elles, le sont moins.

Pourtant, ses sculptures ont marqué l’histoire de l’art, et son statut d’artiste est pleinement justifié. Remettre en lumière ses œuvres, ce fut bien un axe majeur de la vaste rétrospective Camille Claudel de 2008 dont Aline Magnien était l’une des commissaires. C’est aussi celui de l’exposition Camille Claudel sort de ses réserves, à l’occasion des soixante-dix ans de la mort de l’artiste, qui vient d’avoir lieu au Musée Rodin.

Une exposition beaucoup plus modeste, de vingt-deux œuvres, précédemment mises dans les réserves en raison des travaux en cours au musée, et exposées pour l’événement. Vingt-deux œuvres : une petite vitrine au rez-de-chaussée, et une salle à l’étage. Mais voir La Valse par exemple, suffit amplement à démontrer la force et l’originalité de son travail.

Nous demandons à Aline Magnien de nous présenter deux œuvres qu’elle apprécie particulièrement. Nous vous proposons ici d’écouter sa réponse.

Les causeuses ou les bavardes (1897)


Quatre femmes qui discutent derrière un lourd paravent : quoi de plus réaliste ? de plus familier ? Mais l’œuvre comporte une dimension plus étrange et intemporelle.

L’Âge Mûr ou la destinée (1899)


La version plus connue de cette œuvre est une composition très étirée d’un homme âgé emporté loin d’une femme suppliante.

Aline Magnien attire notre attention sur la première version en plâtre.

Une composition pyramidale, des corps aux membres étirés, une œuvre moins pathos mais plus moderne, se démarquant du classicisme et du symbolisme.

Voir en ligne : L’exposition « Camille Claudel sort de ses réserves »

@RomaineLubrique

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