Charade Un « couple » so charmant !

, par Véro

Charade est une comédie policière américaine de 1963 réalisée par Stanley Donen avec Audrey Hepburn et Cary Grant dans les rôles principaux (1h50min). Entré dans le domaine public aux USA en 1963 pour défaut de dépôt du copyright.

C’est décidé : Reggie divorce. A son retour d’un séjour aux sports d’hiver, elle s’apprête à l’annoncer à son mari… Peine perdue ! Son grand appartement parisien est vide et son mari a disparu. La police l’informe qu’il a été assassiné alors qu’il tentait de prendre la fuite après avoir volé la bagatelle de 500 000 dollars. Et Reggie n’est pas au bout de ses surprises…

Comédie policière

Il s’agit bien ici d’une intrigue policière menée d’une main de maître. Suspects, complices, victime, argent détourné sur fond de CIA et de deuxième guerre mondiale… Comme sur un plateau de cluedo, tourbillonne tout au long du film une constellation de personnages et d’objets qui changent sans cesse de rôle, de nom, d’apparence… pour tenir en haleine le spectateur jusqu’à la toute fin du film. Le tenir en haleine, mais tout en le faisant rire !

Car oui, c’est aussi une comédie, et une comédie réussie. D’abord, parce que c’est le personnage de Reggie qui doit s’improviser détective ; Audrey Hepburn porte magistralement le film sur ses frêles épaules, grâce à son talent comique. Elle incarne ici une veuve joyeuse naïve et délurée, qui, dès qu’elle est angoissée, est prise… d’un appétit dévorant ! Les dialogues, ciselés et rythmés, sont aussi d’une drôlerie irrésistible, et les situations cocasses s’enchaînent dans toutes les étapes incontournables du film policier, même pendant la cérémonie d’enterrement de la victime.

Romance

Troisième niveau : le film est aussi une comédie sentimentale car il raconte l’histoire d’amour entre Reggie et le mystérieux Peter Joshua (rien moins que Cary Grant) rencontré aux sports d’hiver. Mystérieux, il le restera jusqu’à la toute fin du film qui lèvera enfin le doute sur sa véritable identité. Il ne cesse de changer de nom et de fonction, au point de perdre la pauvre Reggie (et le spectateur avec), abusée qu’elle est par les apparences.

Rien n’est moins vrai pour son cœur : le coup de foudre est immédiat entre eux, d’autant que le couple d’acteurs Hepburn/Grant s’accorde merveilleusement à l’écran. Ces deux-là s’aiment au premier regard, ils le savent et se le disent très vite. Car ce film d’amour ne raconte pas les méandres et les hésitations du sentiment amoureux ; il raconte comment les circonstances extérieures s’accordent petit à petit, par de successifs dévoilements, à la vérité du cœur.

Paris comme vous ne l’avez jamais vu

Ce film a été réalisé à Paris par un américain, Stanley Donen, auteur de nombreuses comédies musicales. Et par certains aspects, la ville de Paris semble un décor un peu caricatural de comédie musicale, et l’utilisation du technicolor y participe : les lieux les plus touristiques et folkloriques de la capitale se succèdent tandis qu’un peintre travaille sur son tableau au milieu d’une rue !

Mais il ne faut pas s’y tromper : le vernis caricatural du décor explose bien vite au profit d’une mise en scène cinématographique novatrice et magistrale. Le métro de Paris est l’occasion de filmer une course poursuite dans les couloirs vides et les wagons à faire pâlir d’envie les plus récents blockbusters. Au Jardin du Luxembourg, une séquence non narrative présente des visages d’enfants assistant à un spectacle de Guignol, ce qui n’est pas sans rappeler l’audacieuse Nouvelle Vague. Enfin, un dîner pris sur un bateau mouche est l’occasion d’expérimenter la réverbération changeante du son des voix au gré de tous les ponts qui surplombent la Seine… On a là toute une poétique cinématographique de Paris.

En bref : un chef d’œuvre, et qui plus est, en couleurs !


Voir le film

Nous vous suggérons fortement de lire le film après téléchargement avec le logiciel libre VLC (Menu : Vidéo > Piste de sous-titres > Ouvrir un fichier...).

Pour l’anecdote

Charade est entré dans le domaine public pour une raison toute simple pour ne pas dire toute bête : l’absence du terme « copyright » (de son symbole © ou abréviation) dans le générique du film !

Il y a bien mention « all rights reserved » dans ce générique (cf dernière ligne pas très visible de l’image ci-dessus) mais non accompagnée de « copyright » [1].

Et sinon, nous sommes ravis d’apprendre que l’élégante Audrey Hepburn est habillée par Givenchy ;)

On notera cependant que la musique du film reste elle soumise au copyright.

Voir en ligne : Charade, sur Wikipédia

@RomaineLubrique

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