Diderot : un homme dangereux au Panthéon Ni dieu ni maître !

, par Sam

C’est à l’occasion du premier festival du domaine public, pendant la Grande Fête du Remix à Numa, le 24 janvier dernier, que la traduction de cet article de la très belle Public Domain Review a été finalisée. Un grand merci à tous les traducteurs !

Un homme dangereux au Panthéon

Octobre 2013 - Philipp Blom - ThePublicDomainReview
A Dangerous Man in the Pantheon
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Octobre 2013 marquait le 300e anniversaire de la naissance du philosophe français des Lumières Denis Diderot. Bien qu’on le connaisse surtout pour avoir été co-fondateur de l’Encyclopédie, Philipp Blom souligne l’importance des écrits philosophiques de Diderot ainsi que la manière dont ceux-ci ont été une alternative pertinente au culte de la raison des Lumières mis en avant par ses contemporains plus connus, Voltaire et Rousseau.

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Portrait de Denis Diderot peint par Louis-Michel van Loo en 1767 – Source.

Il était temps. Trois cents ans après sa naissance, Denis Diderot est en lice pour recevoir la plus haute distinction que la France puisse conférer à l’un des siens. Le Président François Hollande a annoncé son intention de faire transférer les restes de l’encyclopédiste au Panthéon à Paris, ou, comme la langue française l’exprime si délicieusement, de le faire panthéoniser.

Le Panthéon est un lieu sacré à Paris, non pas parce qu’il a été construit comme lieu de culte du Tout-Puissant, mais parce que les révolutionnaires français en ont fait un site dédié à l’inhumation et à la commémoration des Grands Hommes de la nation, comme la façade le proclame. S’élevant au-dessus du Quartier Latin et éclairé la nuit par des lumières couleur orange vif, le bâtiment avec son imposante coupole représente également la mémoire de la République française, gravée dans la pierre.

Le bâtiment a été construit initialement pour servir d’église dédiée à Sainte Geneviève, après que Louis XV eut prêté le serment d’honorer la sainte s’il guérissait d’une maladie grave. En raison du coût exorbitant du financement de la volonté et du caprice du monarque, la construction n’a été achevée qu’en 1791. Pendant ce temps, la révolution a balayé le pays. L’église a été désignée comme mausolée pour les grands hommes de la nation. Le premier, le comte de Mirabeau, y a été admis en 1791, mais pour en être exclu trois ans plus tard, lorsque les allégeances politiques avaient changé de camp. L’histoire est également soumise aux changements des administrations.

Depuis, le Panthéon a été le théâtre de nombreuses batailles idéologiques, le centre de la consécration de la notion d’identité française et de ses nombreuses métamorphoses. Félix Éboué, membre de l’administration coloniale, est devenu le premier noir français à entrer dans cette terre sacrée, en 1949 et la première femme fut Marie Curie, en 1995. Les inscriptions des sépultures se lisent comme les plus grands succès de l’histoire intellectuelle française, Alexandre Dumas, Victor Hugo, André Malraux, Émile Zola. Les plus célèbres des philosophes inhumés dans la crypte sont deux étoiles de la pensée des Lumières : Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, qui étaient ainsi déjà honorés au cours du dix-huitième siècle, bien que le premier ait passé l’essentiel de sa vie en exil et que le second ne soit même pas français. Les touristes se font souvent photographier devant leurs tombeaux.

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Photographie montrant l’entrée du panthéon à Paris, vers 1880 - Source

Aujourd’hui, c’est peut-être au tour de Diderot de recevoir cette consécration laïque. Cet honneur proposé qui n’aurait pas seulement ravi Diderot, l’incroyant passionné qui pensait à la postérité du « paradis pour les athées ». C’est également largement mérité. Diderot, après tout, n’était pas le seul rédacteur de la grande Encyclopédie et de plusieurs romans très influents, d’œuvres philosophiques, de pièces de théâtre et de centaines de lettres amusantes, il a également été la star du salon philosophique du Baron Thierry d’Holbach – lui-même auteur prolifique – qui à son apogée est devenu l’épicentre intellectuel de l’Europe.

Mais les choses ne sont pas aussi simples. D’abord, cet honneur a été refusé de multiples fois à Diderot, le plus récemment en 1913. Il était, et est toujours, considéré comme un intellectuel dérangeant, quelqu’un de trop amoureux d’Eros et de la passion érotique, un ennemi implacable de l’Église, un incorrigible sceptique quand il s’agit du pouvoir et du droit des individus à décider pour les autres. Peut-être que ces difficultés vont être surmontées à notre époque tolérante et républicaine. Après tout, Voltaire qui l’a précédé dans ce lieu sacré de la mémoire française nationale, n’était pas non plus un ami de l’Église.

Une autre difficulté peut se révéler plus ardue à traiter et plus révélatrice de la vie posthume de Diderot. À proprement parler, nous savons où se situent les os de Diderot. Ils sont dans un ossuaire de l’église Saint-Roch, rue Saint-Honoré à Paris, exactement sous l’autel, à un kilomètre environ du lieu destiné à leur repos éternel. Holbach, incidemment, y repose, comme de nombreux Français célèbres. Si on peut localiser ses restes, le problème est qu’on ne peut savoir quels os ont appartenu au philosophe.

Pendant la révolution française, l’ossuaire a été vandalisé par des révolutionnaires excessivement zélés, et le tragique épisode de la Commune de Paris en 1871 a vu se répéter cette violence posthume. Maintenant l’ossuaire est fermé et il est difficile de savoir dans quel état il se trouve vraiment, mais pour un matérialiste convaincu comme Diderot, ce serait le comble que les os portant son nom dans le cercueil soient en fait un squelette composite constitué de restes variés issus de son lieu d’inhumation précédent. Peut-être qu’une analyse de l’ADN résoudrait ce problème, mais la tâche serait ardue.

À leur époque, Diderot et ses frères d’armes philosophiques étaient autant révérés que vilipendés, beaucoup lus, examinés de près, et on a énormément écrit sur eux. Le salon d’Holbach pouvait réunir en une seule soirée des lumières telles que Diderot, David Hume, l’économiste et anti-colonialiste Guillaume Raynal, le romancier Laurence Sterne, Edward Gibbon, Cesare Beccaria, le réformateur italien et opposant à la peine de mort. Le salon n’était pas une école philosophique avec un enseignement rigide, mais une conversation permanente entre scientifiques et poètes, athées et croyants, philosophes et praticiens. Appelé « l’ennemi personnel de Dieu », Holbach invitait les prêtres et d’autres critiques à sa table, et hébergeait même un chapelain dans sa maison d’été, pour dire la messe pour sa belle-mère à l’esprit traditionnel conventionnel.

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Portrait du Baron d’Holbach peint par Louis Carmontelle en 1766 – Source.

Les philosophes des lumières radicaux étaient bien liés entre eux, mais plus important encore, leurs écrits effroyablement intransigeants ont été lus et discutés à travers tout l’occident ; Le Système de la Nature, chef-d’œuvre matérialiste d’Holbach, était mis à l’index par les catholiques et dut être imprimé et distribué en secret. Il était encore vendu à plus d’une centaine de milliers d’exemplaires au cours de la deuxième moitié du dix-huitième siècle.

Condamnés par l’Église et détestés par la Cour, Holbach et Diderot ont été les guides de la libre pensée et ont directement inspiré les pères fondateurs de l’Amérique. Il est vraisemblable que Franklin ait participé à leurs dîners et aux discussions qui s’ensuivaient ; Jefferson, dont la bibliothèque personnelle témoigne encore de ses centres d’intérêt, lisait et admirait Diderot, Holbach, Helvétius et Raynal, ainsi que leurs prédécesseurs intellectuels. Pour la déclaration d’indépendance, il a changé la formulation de Locke pour la préservation de la vie, de la santé, de la liberté et de la propriété en « recherche du bonheur », tournure épicurienne et diderotienne plus appropriée.

Et pourtant, ces philosophes des Lumières radicaux ont été poussés dans les marges de la mémoire et dans les notes de bas de page de l’histoire des idées. Il est couramment admis que les Lumières sont l’histoire d’un culte de la raison dont les grands prêtres étaient Emmanuel Kant et Voltaire, et non l’immense révolution intellectuelle de Diderot et ses amis. Leur relative obscurité n’est pas un mystère insolvable si on compare leur pensée à celle de Voltaire et Rousseau qui critiquaient les excès absolutistes, mais pas le pouvoir autoritaire de quelques-uns sur le plus grand nombre ; ils attaquaient l’Église mais chantaient les louanges de l’Être Suprême (« le grand horloger ») ; leurs vues étaient solidement déistes, autoritaires et ont poussé certains à justifier le pouvoir d’une nouvelle politique post-révolutionnaire. Robespierre a fait de Rousseau le Saint Patron du nouvel État, l’a couvert d’éloges et il avait fait sculpter un buste de lui dans une pierre de la Bastille.

Holbach et Diderot avaient une vision très différente de la nature humaine. Enthousiasmés par la vague de les nouvelles découvertes scientifiques de leur siècle, ils conclurent que la nature avait évolué, qu’elle n’avait pas été créée  ; que tout n’était que matière et qu’il n’y avait pas de place pour les âmes immortelles  ; que nous n’étions que des animaux au sein de la nature, dans un univers vide de sens et sans dieu. Dans l’environnement clérical oppressant de leur époque, ce dernier point a occupé une part importante de leur attention. Ils attaquèrent le christianisme dans d’acerbes polémiques ainsi que la foi religieuse en général, en argumentant que ce n’était rien qu’une fiction primitive pensée pour garder les pauvres à leur place et une conspiration des magistrats et des prêtres.

Diderot voyait le but le plus grand et le plus vrai de la nature humaine non pas dans la raison mais dans la passion. L’existence de l’humanité est dirigée par Eros : par la recherche du plaisir. Cette approche sensualiste avait une conséquence métaphysique importante : dans un monde sans péché, un monde dans lequel où il n’y a pas de Dieu courroucé qui condamne la passion et demande à ses créatures de souffrir sur cette terre pour adoucir le souffle de l’éternelle punition, le but de la vie devient la meilleure réalisation du plaisir, l’éducation du désir en accord avec les lois de la nature. Dans une société sans transcendance, la poursuite du bonheur doit être possible pour tous.

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Détail du frontispice de l’Encyclopédie (1772) dessiné par Charles-Nicolas Cochin et gravé par Bonaventure-Louis Prévost. L’œuvre est chargée de symboles, le personnage dans le centre représentant la vérité, surmontée d’une lumière éclatante (le symbole central des Lumières). Deux autres personnages sur la droite, la raison et la philosophie, déchirent le voile de l’illusion pour faire surgir la vérité. – Source.

Ces vues étaient l’anathème pour absolument tous ceux qui cherchaient à conserver ou à gagner du pouvoir, depuis l’aristocratie jusqu’aux dictateurs de la Révolution comme Maximilien de Robespierre et Napoléon, tout cela jusqu’au retour du catholique qui a suivi. «  Les hommes ne seront pas libres tant que le dernier roi ne sera pas étranglé avec les tripes du dernier prêtre  », écrivait Diderot — pas le genre de message qui puisse plaire à la bourgeoisie du dix-neuvième siècle. Le capitalisme permissif a fait qu’une classe moyenne chrétienne auto-proclamée profite de la misère des travailleurs pauvres sur le continent et dans les colonies. Ils ne pouvaient pas tenir leur position avec Diderot qui devint encore plus acerbe sur la justification du pouvoir, des privilèges, de l’esclavage et de l’expansion coloniale. Ce furent les Lumières modérées de Voltaire qui leur offrirent le vocabulaire nécessaire et leur permirent de se voir eux-mêmes comme des gardiens de la civilisation, des Lumières et des valeurs religieuses, se plaçant devant les masses ignorantes par la providence divine.

Les Lumières radicales ont compris et condamné cette structure de pouvoir émergente comme une conspiration des prêtres et magistrats. Leur pensée était évolutionniste bien avant Charles Darwin  ; ils défendirent les droits des esclaves avant William Wilberforce et les droits des femmes avant Mary Wollstonecraft. Ils voulurent voir l’accomplissement individuel dans une moralité construite autour de la passion, et la justice sociale construite sur le plaisir et le libre arbitre, pas sur la souffrance et l’oppression. Sans surprise, leurs puissantes idées furent des découvertes excitantes pour les révolutions ultérieures  ; parmi les ardents lecteurs de Diderot et Holbach, on compte Karl Marx, Friedrich Nietzsche et Sigmund Freud.

La censure, les condamnations et la menace d’arrestation ont fait partie de la vie quotidienne de Diderot mais il n’a pas pu anticiper la punition cruelle ou inhabituelle dont ces philosophes ont souffert après leur mort. La manipulation des faits a commencé lorsque Voltaire et Rousseau ont été enterrés avec faste dans le Panthéon et ont fait l’objet d’éloge comme les penseurs les plus nobles de l’Humanité. On a oublié les cabales politiques de Voltaire, sa position très ambivalente sur les aristocrates qui l’ont maintenu riche et connu, ou encore son rapport cynique à la religion comme l’opium des masses. On a oublié les crises de colère de Rousseau, ses trahisons envers ses amis et son plaidoyer pour la dictature. Deux stèles, des statues innombrables et des livres gravés ont diffusé leur grandeur et leur intégrité irréprochable.

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Voltaire et Rousseau marchent vers leur immortalisation dans le temple français, sur un dessin intitulé « Aux Grands Hommes la Patrie Reconnaissante », les mêmes mots que ceux qui sont inscrits au-dessus de l’entrée de la nécropole du Panthéon où les deux hommes sont enterrés - Source.

Au même moment, Diderot et Holbach ont été dénoncés comme immoraux, ridicules et sans talents, exclus des programmes de certaines écoles ; leurs ossements ont pourri dans des fosses anonymes, leurs livres ont été imprimés sporadiquement et dans de petites éditions. Lorsqu’on en parlait, Diderot était réduit à un romancier gaulois excentrique et l’éditeur d’une encyclopédie dépassée depuis longtemps et Holbach était relégué au statut d’un faible et ennuyeux précurseur de la théorie marxiste. Le salon et ses invités furent rapidement oubliés : la maison parisienne où pendant vingt-cinq ans les esprits les plus brillants de l’Europe — Hume les appelait les « sheikhs de la rue Royale »— se sont rencontrés et ont débattu, n’a toujours pas de plaque ou de signe de reconnaissance.

La grande histoire des Lumières rationalistes qui ont libéré l’humanité de la superstition simplement pour les soumettre à nouveau, cette fois, au dictat de la raison et de la rationalisation, correspondait aux intérêts et à l’autoportrait d’une économie conduite par les entrepreneurs et alimentée par un culte de l’efficience et de la main-d’’œuvre bon marché. Notre propre époque dominée par la fiction du marché auquel il faut obéir et qui serait une sorte d’ancienne divinité et d’une société optimisée par la consommation maximum sont les conséquences directes du culte de la raison des Lumières,tandis que l’empathie prônée par Diderot a été occultée. Nous avons hérité d’une histoire tronquée qui s’est répétée de proche en proche, encourageant tacitement une étroitesse d’esprit qui a peu de ressemblance avec les discussions libres à la lumière des bougies du salon d’Holbach. L’existence d’une seconde tradition des Lumières, plus radicale, n’est pas complètement niée, cependant deux siècles de préjugés historiques ont fait leur travail, lentement mais sûrement.

Même si les ossements de Diderot, ou au moins certains d’entre eux, finissent enfin dans leur lieu de repos honorifique, les choses ne changeront peut-être pas. Il y a déjà un mémorial dédié à sa mémoire au Panthéon mais en tant qu’éditeur de l’Encyclopédie, une image qui lui reste associée, tandis que son travail philosophique a été finalement marginalisé puis oublié.

Bien sûr, son rôle dans ce colossal et magnifique travail fut important au dix-huitième siècle, mais c’est en tant que philosophe que Diderot nous parle encore aujourd’hui. Son plaidoyer pour une vie passionnée, pour la solidarité et l’empathie comme fondements de la morale, son intérêt pour les sciences comme base de tout savoir et l’art de l’Eros pour créer du sens, n’ont rien perdu de leur fraîcheur ni de leur nécessité. Le vrai potentiel des Lumières, il l’a dit tant de fois, n’est pas le pouvoir absolu de la raison mais la réhabilitation de la passion comme principe d’une vie bien vécue.


L’auteur

Philipp Blom est né à Hambourg et a été formé en tant qu’historien à Vienne et à Oxford. Ses écrits historiques incluent To Have and To Hold une histoire des collectionneurs et de la collection, Encyclopédie, une histoire de l’Encyclopaedie de Diderot et d’Alembert qui a déclenché les Lumières en France, A Wicked Company : The Forgotten Radicalism of the European Enlightenment sur Diderot et le salon du baron d’Holdbach et The Vertigo Years, une histoire culturelle de l’ère de 1900 à 1914 en Europe et aux Etats-Unis. Il contribue régulièrement au Financial Times, à The Independant et au Guardian notamment. Il anime une émission culturelle sur la radio nationale autrichienne, il vit à Vienne. Visitez son site ici.

Quelques liens

  • Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-72) edited by Denis Diderot and Jean le Rond d’Alembert. Internet Archive
  • Encyclopédie, ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-72) édité par Denis Diderot et Jean le Rond d’Alembert. Internet Archive
  • Œuvres Complètes de Diderot (1876) Internet Archive
  • Early philosophical works (1916) by Denis Diderot, translated and edited by Margaret Jourdain Internet Archive
  • The system of nature, or, Laws of the moral and physical world (1889 English edition) by Baron d’Holbach, translated by H.D.Robinson. Internet Archive
  • Le Système de la nature, ou Des lois du monde physique et du monde moral (1889 édition anglaise) par Baron D’Holbach, traduit par H.D.Robinson. Internet Archive
  • The Paradox of Acting (1883 English edition) by Denis Diderot, translated by Walter Herries Pollock. Internet Archive
  • Diderot and the Encyclopaedists (1878) by John Morley. Internet Archive : Vol.1 & Vol.2 Project Gutenberg

Lectures recommandées :

  • A Wicked Company : The Forgotten Radicalism of the European Enlightenment (2010) by Philipp Blom.
  • Enlightening the World : Encyclopedia, The Book That Changed the Course of History (2005) by Philipp Blom.
  • Diderot : Political Writings (1992) edited by John Hope Mason and Robert Wokler.
  • Jacques the Fatalist (2009) by Denis Diderot, translated by David Coward.
  • Rameau’s Nephew, and Other Works (2009), by Denis Diderot, translated by Ralph H. Bowen and Jacques Barzun.

Voir en ligne : A Dangerous Man in the Pantheon

@RomaineLubrique

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