Mariage royal

, par Véro

Mariage royal (Royal Wedding) est une comédie musicale américaine de 1951 réalisée par Stanley Donen avec le célèbre chanteur danseur Fred Astaire dans le rôle principal (1h50min). Entré dans le domaine public aux USA en 1978 pour défaut de renouvellement du copyright [1].

Tom Bowen (Fred Astaire) et sa sœur Ellen (Jane Powell) sont les danseurs d’un spectacle à grand succès aux États Unis. Leur manager leur propose de partir se produire à Londres.

Quatre mariages... et pas d’enterrement

Le film s’ouvre sur une séquence dansée : un roi sur son trône s’ennuie, tandis qu’une pétillante soubrette fait la poussière. Ils finiront par danser ensemble. C’est la fin du spectacle de Tom et Ellen.

Cette mise en abyme est pour le moins programmatique. Il ne sera question en effet, du début à la fin, que de mariage : entre nobles et roturiers, entre une vieille Angleterre sur son trône, et une Amérique jeune et espiègle.

Tom est un célibataire endurci qui ne croit plus à l’amour, tandis que sa sœur multiplie les conquêtes joyeuses et les aventures sans lendemain. Ils ont tous deux décidé de renoncer définitivement au mariage, mais leur voyage à Londres, où se prépare le mariage de la Reine, risque fort de les faire changer d’avis...

Let’s dance !

Un scénario « conte de fées » cousu de fil blanc, des personnages énergiques et souriants, un rythme endiablé, des couleurs flashy et une musique entraînante : cette comédie est un modèle du genre, un film léger et optimiste à souhait.

Ce qui fait souvent sourire dans ce type de film, c’est le degré extrême d’artificialité dans l’irruption de séquences chantées et dansées au beau milieu de scènes dialoguées : tout l’univers du film devient une scène, les figurants se changent soudain en un corps de ballet réglé au millimètre, et le décor reprend ses droits de scénographie carton-pâte utile à la danse - on pense par exemple à Un Américain à Paris de Minelli et réalisé d’ailleurs la même année.

Ici, le film est plus retenu. Certes, les clichés d’un Londres fantasmé ne manquent pas - de la brume persistante aux bobbies qui font leur ronde devant les dubble buses. Mais grâce au métier des deux protagonistes, les scènes dansées sont toujours strictement justifiées par le scénario, qu’il s’agisse d’extraits de leur spectacle ou de séances de répétition. Elles ne saturent pas le film, et les autres scènes sont loin d’être anecdotiques : on y retrouve avec plaisir la malice et l’humour de Stanley Donen.

Déséquilibres

Certaines scènes dansées présentent une inventivité toute particulière, par rapport aux ballets habituels bien réglés des comédies musicales.

Tom dansera deux fois sur le bateau qui le mène en Europe. D’abord, il attend sa sœur dans la salle du sport ; en vain, car elle est trop occupée par sa nouvelle conquête. Fred Astaire nous offre alors une superbe séquence dansée, d’abord accompagnée d’un métronome, prodigieuse de perfection technique et d’inventivité. Et sans sa cavalière, il s’empare d’une sorte de porte manteau avec lequel il joue en équilibre. La classe.

Plus tard, le couple se produit devant les autres passagers ; mais l’océan fait tanguer le navire, et les danseurs perdent puis reprennent sans cesse leur équilibre - on ne voit pas souvent une prestation ratée dans une comédie musicale !

Le clou du spectacle arrive plus tard, lorsque Tom, seul, plongé dans sa rêverie amoureuse, se met à danser jusqu’aux murs et au plafond de sa chambre, déjouant avec fluidité et légèreté les lois de la gravité.

Cette prouesse technique a été réalisée grâce à un dispositif complexe faisant tourner le décor entier en même temps que le danseur, comme le montre cette vidéo.

On se dit qu’on va jeter un œil à ce film, par curiosité, surtout pour voir cette séquence d’anthologie. Mais on s’y laisse prendre : on ne résiste pas à le voir en entier !


Voir le film

Nous vous suggérons fortement de lire le film après téléchargement avec le logiciel libre VLC (Menu : Vidéo > Piste de sous-titres > Ouvrir un fichier...).

Voir en ligne : Mariage royal, sur Wikipédia

@RomaineLubrique

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