Mort à l’arrivée 24h dans la vie d’un homme...

, par Véro

Mort à l’arrivée (D.O.A.) est un thriller américain de 1950 réalisé par Rudolph Maté avec Edmond O’Brien dans le rôle principal (1h20min). Entré dans le domaine public aux USA en 1977 pour défaut de renouvellement du copyright [1].

Franck Bigelow (Edmond O’Brien), notaire dans une petite ville de Californie, décide de prendre quelques jours de vacances à San Francisco. Sa secrétaire et fiancée Paula Gibson (Pamela Britton) lui concède bon an mal an ces quelques jours de liberté. Bigelow compte bien en profiter pour se détendre et s’amuser. Mais il ne se doute pas qu’il entre dans un piège machiavélique soigneusement orchestré pour le faire disparaître...

D.O.A.

Dead Or Alive : mort ou vif. Dead On Arrival : mort à l’arrivée.
C’est exactement sous ce signe-sigle ambigu que s’ouvre le film, avec une séquence saisissante, souvent reconnue comme une innovation cinématographique remarquable. La caméra suit patiemment un homme de dos, qui entre d’un pas régulier, décidé, dans un commissariat et longe le couloir qui le mène au bureau du commissaire. « Je viens vous déclarer un meurtre : le mien. »

Une exposition pour le moins réussie : quoi de mieux que cette déclaration d’outre-tombe pour éveiller aussitôt le plus vif intérêt du spectateur ?

C’est la victime qui vient déclarer le meurtre. Le personnage se nimbe alors du mystère d’un mort-vivant, et la tension est déjà à son paroxysme : à quoi bon déclarer son propre meurtre ? L’irréparable est déjà là ; comment la victime peut-elle espérer réparation ? Comment la justice peut-elle encore triompher ?

Piège

S’en suit un flash-back où l’on guette à chaque instant des indices qui pourraient expliquer cette étrange situation. Le personnage se fait prendre bien malgré lui dans une machination subtile, où tout est soigneusement mis en scène pour causer sa perte.

Dans la pure tradition du film noir, le protagoniste, homme médiocre et banal, déploiera une force hors du commun, des qualités héroïques, pour percer à jour les apparences trompeuses et déjouer la mécanique du mal. Il va soulever un à un les multiples masques que portent tous ceux qui l’entourent. Le scénario enchaîne les coups de théâtre et les révélations pour dévoiler petit à petit la machination complexe dont Bigelow est la victime.

Film noir en plein soleil

Un film de genre donc. Mais avec ceci de particulier que c’est un film profondément diurne. On connaît bien l’esthétique des films noirs américains de cette époque : des atmosphères enfumées, des rues sombres, de nombreuses scènes de nuit faisant écho au monde hostile, angoissant et mystérieux dans lequel « le héros malgré lu i » s’enfonce. On a cette fois affaire à un film noir de l’Ouest de l’Amérique, de la Californie, où le soleil est omniprésent. La chaleur et la lumière écrasent le personnage, et créent un effet d’angoisse décuplé par rapport aux ténèbres habituelles. Et les plus belles séquences du film - outre l’ouverture citée plus haut - sont sans nul doute ces moments d’errance du héros dans de vastes avenues désertes et ensoleillées, où la lumière l’aveugle et le tue déjà.

Le film sauve son scénario un peu retors par ces beaux moments de cinéma.


Voir le film

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Voir en ligne : Mort à l’arrivée, sur Wikipédia

@RomaineLubrique

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