Orlando sort son best of contre les prédateurs du domaine public Sur le conseils de Pascal Nègre

, par aKa

Le producteur et frère de Dalida, Orlando, était l’invité de On n’est pas couché samedi 8 novembre dernier parce qu’il a aussi chanté dans sa jeunesse et qu’il vient de sortir un best of de ses quelques tubes des années 60.

Pourquoi un tel projet alors que lui-même reconnaît n’avoir jamais souhaité déterrer sa courte carrière de chanteur désormais loin derrière lui ?

À cause du... domaine public !

Explication d’Orlando en vidéo :

Citation :

Un jour [le PDG d’Universal] Pascal Nègre m’appelle et me demande de venir dans son bureau. Et il me fait écouter une compilation [réalisée par d’autres] avec un ou deux titres à moi qui étaient tombés dans le domaine public.
Pour les gens qui ne savent pas, le domaine public ça veut dire qu’après 50 ans, les fossoyeurs de notre métier, comme je les appelle, ils ont le droit de prendre tout et de ne payer personne. Ils s’approprient la production, les artistes... tout.
Et pour faire cette compilation ils avaient copié mes titres à partir d’un vieux 45 tours vinyl qui craquait dans tous les sens. Pascal Nègre me dit : « c’est ça que tu veux entendre ? autant que tu t’en occupes toi-même et tu le feras très bien ».

C’est donc non pour une question d’argent mais, conseillé par Pascal Nègre [1], pour contrer la circulation de mauvaise qualité de ses enregistrements qu’il a accepté de faire cette compilation.

C’est du droit voisin et non du droit d’auteur dont il s’agit ici. Sa durée est fixée à 50 ans (et bientôt 70) après la première publication de l’œuvre.
Pour ce qui nous concerne la frontière est l’année 1964. Tout ce qui a été enregistré avant peut être réutilisé et commercialisé sans demander autorisation ni payer de droits aux producteurs (Pascal Nègre) et interprètes (Orlando) [2]. Or justement la carrière discographique d’Orlando a débuté avant cette date.

Proposer cette « compilation maison » n’empêchera nullement les autres d’en faire autant (avec les titres d’avant 1964) mais on leur coupe en quelques sorte l’herbe sous le pied (pourquoi sortir une autre compilation puisqu’il existe déjà celle-là, proposée par l’auteur même des chansons ?). Et on contrôle donc également la qualité de la production.

Pour en savoir plus sur cette question des droits voisins et des mauvaises compilations qui « inondent le marché » nous vous renvoyons à notre introduction et à l’article Domaine public, mon amour... d’Yves Riesel.

Oui, c’est un fait, il circule de médiocres compilations d’enregistrements du domaine public. Le problème ici c’est qu’on n’envisage pas qu’il puisse aussi exister des compilations de qualité. Seules celles réalisées par les ayants droit et producteurs d’origine peuvent garantir cela.
On ne peut faire confiance qu’à soi-même, les autres, ces « fossoyeurs », vont abîmer voire détruire l’œuvre. Et d’associer alors l’entrée dans le domaine public à un événement incontrôlable nécessairement négatif pour l’œuvre.

Notes

[1Un peu plus loin dans la même interview, on apprend que « Pascal Nègre a la répertoire de Dalida en viager » ! À la mort d’Orlando il deviendra légataire universel ou plutôt « légataire Universal » de l’œuvre de Dalida.

[2Mais on doit continuer régler le droit d’auteur (du parolier, du compositeur) des chansons.

@RomaineLubrique

« Domaine Public »

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